Emission du 24 mars

Chers élèves,

Vous connaissez tous notre WebRadio : RadioVerne.

Une nouvelle émission spéciale a eu lieu vendredi 24 mars à 11h11 (rediffusée à 17h17)

Vous pouvez la retrouver en cliquant ci-dessous.

N’hésitez pas à appeler l’école pour participer aux jeux ou laisser une blague ou une charade pour la prochaine émission qui aura lieu mercredi 1er avril à 11h11.

Donnez bien votre prénom et votre classe dans votre message.

A mercredi prochain en direct sur RadioVerne à 11h11 : http://acver.fr/radioverne !

information… Lundi l’info revient ! Vous pouvez retrouver leur nouvelle émission tous les lundis à 14h00 en direct en cliquant ici ou en différé en cliquant ici.

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Retrouvez ici l’émission du vendredi 27 mars

Le quizz musical de Mme Préaubert

Solution de l’énigme de Mme Pierron de l’émission précédente

Le texte avec les indices soulignés

Ma grand-mère est détective amateur. À force de lire des romans policiers et d’étudier les méthodes de Sherlock Holmes, d’Hercule Poirot ou du commissaire Maigret, elle a fini par se dire : « Pourquoi pas moi ? » Depuis, elle mène ses propres enquêtes, et elle trouve toujours la solution de l’énigme.

J’ai décidé de marcher sur ses traces et, l’autre jour, je lui ai demandé de me prendre comme apprenti détective.

D’accord, a-t-elle dit, tu seras mon assistant. Dès qu’un nouveau cas se présente, je fais appel à toi.

Eh bien, aujourd’hui même, j’ai pu suivre mamie et observer sa méthode. En plus, c’était pratique, ça s’est passé chez nous. C’est maman qui a découvert le crime : la crème au chocolat qu’elle avait préparée pour ce soir avait été (largement) entamée, et il en restait à peine la moitié. Mamie s’est mise sans tarder au travail.

Pour commencer, elle a enfilé un imperméable et s’est coiffée d’un chapeau mou. Et ainsi attifée, elle a interrogé la victime.

À quelle heure avez-vous découvert le vol ? a-t-elle demandé à maman.

À trois heures et demie, quand j’ai voulu prendre un yaourt.

Et à quelle heure aviez-vous mis la crème au frigidaire?

Vers dix heures ce matin, a répondu maman.

Bien, a conclu mamie, nous pouvons donc en déduire que le malfaiteur a opéré entre dix heures et quinze heures trente. Et maintenant, transportons-nous sur les lieux du crime à la recherche d’indices.

Tout d’abord, elle voulait relever des empreintes digitales sur la jatte de crème, mais j’ai réussi à l’en empêcher : je ne voulais pas qu’elle gâche ce qui restait de crème au chocolat ! Ensuite, elle a tenté de repérer sur le carrelage les traces de pas du voleur. Mais la cuisine n’avait pas été nettoyée depuis une semaine, de sorte que le sol était noirci de plus d’empreintes qu’un hall de gare.

Ça ne fait rien, m’a dit mamie, on va établir l’emploi du temps des suspects et, crois-moi, je finirai bien par mettre la main sur celui qui a fait le coup !

Elle a dit cela sur un ton si féroce que j’en ai eu froid dans le dos.

Elle a donc fait comparaître les « suspects », c’est-à-dire mon père et ma sœur, les seules personnes à avoir libre accès à la cuisine, en dehors de maman et moi. Anne, ma petite soeur, avait un solide alibi : elle était en excursion avec son club de danse et pouvait fournir une bonne trentaine de témoins.

L’interrogatoire de papa a été nettement plus intéressant. Il a d’abord prétendu avoir passé toute la journée au bureau. Mais quand mamie a saisi le téléphone pour appeler sa secrétaire, il a avoué qu’il avait annulé deux rendez-vous avec des clients pour aller pêcher avec son copain Marc. Il avait l’air d’un gamin pris en faute !

La plus ennuyée, cependant, c’était mamie : si tous ses suspects avaient un alibi, l’affaire se compliquait ! Mais elle n’avait pas dit son dernier mot.

Suis-moi, m’a-t-elle ordonné, on va résoudre ce petit problème. Nous sommes montés dans sa chambre. Là, elle a bourré une pipe et s’est mise à fumer en toussant à fendre l’âme.

Maintenant, il faut réfléchir ; la solution est là ! a-t-elle proclamé en se frappant le crâne.

Moi, je n’ai rien dit. Je l’ai regardée réfléchir. Tout à coup, elle s’est levée d’un bond et s’est précipitée au salon. Et elle a pointé le doigt sur maman en criant :

J’ai trouvé, c’est toi qui as mangé la crème au chocolat ! Oh, c’était bien joué : le coupable se faisant passer pour la victime, très fort, vraiment très fort ! Mais tu n’avais pas compté sur mon flair, hein?

Hou ! là, là ! le drame que ça a déclenché ! Maman a traité mamie de « Sherlock Holmes à la noix » et de « commissaire d’opérette ». Finalement, mamie a dû s’excuser. Mais c’est surtout vis-à-vis de moi qu’elle était gênée : elle échouait lamentablement le jour même où elle voulait m’initier à sa méthode ! Je lui ai dit qu’elle ne devait pas s’en faire, que c’était très bien comme ça.

Et c’est vrai, c’est très bien comme ça.

 

Bernard FRIOT, Histoires pressées

Fin du texte :

Car le coupable, le voleur de crème au chocolat, je le connais moi, c’est moi.